Eric Berlivet : « Créer une police du déchet »

12 juin 2020 par Nicolas Bros
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Maire de Roche-la-Molière, Éric Berlivet est également vice-président de Saint-Etienne Métropole en charge de la gestion des déchets. On a parlé avec lui de la manière dont les Stéphanois trient, des aides lancées par Métropole pour l’achat d’un composteur ou d’un poulailler, de sa position quant aux masques jetables et de son idée de créer une police du déchet.

Éric Berlivet, maire de Roche-la-Molière et vice-président de Saint-Étienne Métropole en charge de la gestion des déchets

Les masques non recyclables alimentent le débat depuis quelques jours puisque certaines villes voient un grand nombre de ces dispositifs jetés au sol. Est-ce également un problème à Saint-Étienne selon vous ?

Personnellement, que ce soit à Roche-la-Molière ou dans les autres communes de la Métropole, on trouve toujours le problème de l’incivilité… Les masques ne sont pas traités différemment par rapport à d’autres déchets. Mais ils ne sont pas les déchets que l’on retrouve majoritairement à terre. Il y a davantage de mégots ou de déjections canines que de masques jetables. C’est comme pour tout, il y a 95% des gens qui respectent les règles et 5% jamais rien… La grande majorité fait attention et une infime partie qui ne comprend rien et il faut trouver une solution pour les faire payer.

« C’est comme pour tout, il y a 95% des gens qui respectent les règles et 5% jamais rien… »

Pour rappel, comment doit-on se débarrasser de son masque jetable ?

Une fois qu’on a utilisé son masque, on le dépose dans un emballage de protection qui doit être déposé dans la poubelle à ordures ménagères et non pas celle du recyclage. Ce type de déchets pourrait presque être considéré comme Dasri*. C’est-à-dire des déchets médicaux avec un traitement particulier. Mais il est malheureusement impossible d’organiser cela. Dans l’absolu, il faudrait ramener son masque chez le pharmacien pour qu’il le fasse traiter comme un médicament ou un dispositif de santé.

Parallèlement, vous avez relancé une campagne d’incitation à l’achat d’un composteur, lombricomposteur ou d’un poulailler chez soi pour recycler les déchets organiques. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Avec le confinement, nous avons vu que beaucoup de personnes ont travaillé dans leur maison et on a vu s’accumuler beaucoup de déchets verts. L’idée est que chacun peut aussi traiter ses déchets alimentaires en aménageant un petit coin de compostage dans son jardin. Même si nous avions déjà eu un grand succès avec cette campagne pour les poulaillers et les composteurs, un peu mois pour les lombricomposteurs, c’était l’occasion de remettre une pièce dans la machine. Nous avons aussi voté un budget pour l’année 2020 à ce sujet, qui est encore disponible et qu’il faut utiliser. C’est judicieux de faire la promotion de ce type de traitement des ordures. Si tout le monde fait des efforts, on évitera une hausse incontournable du coût de la gestion des déchets dans les années à venir.

Quand vous dites que la campagne a déjà rencontré beaucoup de succès, pouvez-vous nous donner un chiffre sur le nombre de demandes de subventions reçu ?

Depuis l’été 2019, nous avons reçu entre 500 et 600 demandes. Nous avions lancé la campagne de communication pendant l’été 2019, nous avions redonner un coup de com’ à l’automne et nous venons de la relancer au début du mois de juin par une campagne d’affichage. L’idée d’avoir plusieurs temps de communication était aussi de pouvoir réguler les demandes afin de pouvoir les traiter. Ce succès a eu des répercussions commerciales puisque les habitants de la métropole se sont rués sur les achats de composteurs, de poulaillers dans les jardineries mais également de poules. Avec ces dispositifs, on économise et on favorise les circuits très courts. Et les habitants ont des œufs frais chez eux le matin !

De manière générale, vous sentez qu’il y a une évolution positive dans la sensibilisation des habitants de la Métropole concernant le tri et le traitement des déchets ?

Oui, évidemment nous allons dans la bonne direction mais je le répète, il demeure ce faible pourcentage de gens qui ne s’intéressent pas à cela et qui nuisent à l’ensemble. C’est bien la problématique que l’on a. Un de mes objectifs est de créer une police du déchet qui va traquer ceux qui ne respectent pas les règles collectives et qui font payer les autres. Alors que ce sont eux qui devraient payer le prix fort.

Comment peut fonctionner cette police du déchet selon vous ?

Ce serait une police intercommunale composée de personnes spécialisées, faisant de l’investigation avec un pouvoir de verbalisation assez fort pour faire respecter les règles collectives. Je ne sais pas si je serai encore vice-président de la Métropole dans les semaines qui viennent mais avec l’expérience de 6 ans et les connaissances acquises durant ce mandat, je peux dire que cette police est indispensable. Il faut que cette infime partie de la population qui ne respecte pas les règles soit remise sur de bons rails. On pourra mettre tous les dispositifs d’information, de signalisation, de formation ou d’incitation que l’on veut, il faut venir taper au porte-monnaie pour avancer et faire changer certaines mentalités.

* Déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés


Si vous ne savez pas ce qu’est un lombricomposteur, voici une vidéo qui peut vous éclaircir.

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